Pourquoi invitons-nous à « Rallumer Les Lumières » ?
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Galilée.sp, qui a choisi le savant Galilée comme figure tutélaire, a pris dès l’origine de sa
constitution, fait et cause pour la liberté de penser. Qu’entendre par là ? La possibilité de revisiter
de fond en comble les éléments constitutifs d’un système, d’un corpus de connaissances et de liens entre acteurs qui pourraient, si on les prenait pour définitifs, jouer le rôle de corsets de pensée. Galilée a affranchi la pensée et la science expérimentale de l’arrière fond théologique et religieux de son époque. On pourrait dire, avec les mots d’aujourd’hui, qu’il a été un « déconstructeur » ; mais s’il est le scientifique encore mondialement connu et mondialement cité, c’est parce qu’il fut un des constructeurs de la science moderne. Il occupe donc une place éminente dans la généalogie des Lumières.
Galilée.sp (sp, comme service public), s’est créé pour être force d’ouverture. Loin de tout
corporatisme, ses membres ne sont pas uniquement des fonctionnaires et ceux-ci proviennent de
tous les ministères et toutes les fonctions publiques. Il se veut également une force d’analyse et de témoignage sur les drames contemporains de la fonction, du service et de l’action publics et pour être une force de propositions élaborées collectivement.
Notre champ d’étude est : Quelle Fonction publique du XXIème siècle et pour quel service public ?
En tant que hauts fonctionnaires associés de près aux décideurs politiques et membres d’une fonction publique républicaine héritière du Programme National de la Résistance, il n’était pas possible de ne pas porter un regard critique sur les conditions dans lesquelles l’action publique est conduite depuis tant d’années et dont les fonctionnaires servent souvent de boucs émissaires.
C’est ainsi que dans l’ouvrage, « Pour une autre philosophie de l’action publique… », publié en 2017, nous avons exposé le déplorable paradigme de l’impuissance publique, corrélée à la dévitalisation des services publics. C’était déjà le cas, notamment, des services régaliens (sécurité extérieure et intérieure, justice, diplomatie…) si nécessaires à l’harmonie des relations entre peuples et .au sein d’un peuple. Mais c’était aussi le cas dans le domaine de la santé et de l’éducation nationale. Cette dernière devrait, d’ailleurs, également être considérée comme régalienne tant elle est consubstantielle à l’exercice de la citoyenneté en République. L’idéologie néo-libérale était pointée comme responsable de dérégulations dévastatrices depuis une quarantaine d’années tant sur le plan national comme international et cause première de la préoccupante montée des
populismes.
Comment, aujourd’hui, ne pas voir la multiplication des crises nationales et internationales de toutes sortes, nous faisant éprouver le sentiment d’un « ensauvagement » généralisé des rapports individuels, sociaux et internationaux. Et comment ne pas voir que le populisme et la guerre sont aujourd’hui à nos portes !…
Ces cancers, largement métastasés, nous semblent avoir une origine commune : l’abandon d’un corpus de valeurs humanistes fraternellement partagées.
C’est la raison pour laquelle, les orientations 2022-2024 de Galilée.sp prévoyaient de travailler sur un chantier philosophique « Qu’est-ce que Les lumières ? » qui trouvera sa place, et sans doute sa légitimité, dans un ensemble plus vaste visant à « Rétablir l’équilibre dans une société déstabilisée et fracturée … En remettant sur pieds un Service au public « heureux ! » Comme les jours heureux de la Libération…
Galilée.sp est fermement attaché à l’Esprit des Lumières du XVIIIème siècle, qui semble attaqué sur de nombreux fronts actuellement ; la réflexion collective sur les Lumières nous paraît de ce fait d’autant plus nécessaire.
Comment y contribuons-nous ?
Un collectif varié d’auteurs s’est lancé progressivement dans ce qui est devenu le présent ouvrage. Nous avons travaillé avec indépendance et en partageant, chacun à partir de sa propre expérience et en l’enrichissant de points de vue différents, extérieurs.
Nous livrons nos réflexions philosophiques et pratiques, nos craintes et nos espoirs, le résultat de nos recherches, nos constats et nos recommandations ; à la fois comme témoins, acteurs et contributeurs dans notre époque. A notre manière, nous avons fait un travail de reformulation.
Il reste un travail à faire, à chaque lecteur, à chaque lectrice, à chacun et chacune d’entre
nous, pour que l’humanité – des hommes et des femmes libres et égaux en droits – puisse cheminer dans des sociétés fraternelles. Nul doute que les Lumières seront au rendez-vous !
